Communiqués de presse

mocCe mardi 29 septembre, le Mouvement ouvrier chrétien (MOC) a été entendu par la Commission chargée des questions européennes du Parlement wallon au cours d’une audition consacrée au CETA, le traité commercial entre l’Union européenne et le Canada. Durant cette audition, le MOC a rappelé aux parlementaires wallons les nombreux dangers qui émanent de cet accord de libre-échange. En effet, si c’est le TTIP (traité commercial entre l’Union européenne et les Etats-Unis) qui est régulièrement pointé du doigt pour ses dérives, il est urgent de prendre conscience que, sur de nombreux points, le CETA possède exactement les mêmes caractéristiques que son grand frère américain.


Ainsi, la clause de règlement des différends entre investisseur et Etat (ISDS ) présente dans le TTIP l’est également dans le CETA. Le Parlement wallon s’y était d’ailleurs fermement opposé dans une résolution votée en mai dernier. Pour rappel, ce mécanisme permet à une entreprise d’attaquer un État devant une instance d’arbitrage privée et de s’opposer à toute législation qu’elle jugerait contraire à ses intérêts et à l’augmentation de ses profits.


La présence de ce mécanisme dans le CETA est très préoccupante, car 81% des entreprises américaines qui opèrent au sein de l’Union européenne ont une succursale au Canada. Dès lors, même si le TTIP devait être abandonné, il ne fait donc aucun doute que ces entreprises américaines utiliseraient le mécanisme du CETA pour attaquer les Etats européens qui contreviendraient à leurs intérêts ainsi que pour faire la course au dumping social et environnemental.


Un deuxième point inquiétant concerne la liste des services publics susceptibles d’être libéralisés suite à l’adoption du CETA ou du TTIP. Jusqu’à présent, le principe était celui de la liste positive. Mais, tout comme le TTIP, le CETA avance le principe de la liste négative. Celui-ci fait en sorte que tout service public qui n’est pas explicitement mentionné peut être libéralisé. Cette disposition constitue un réel danger car il n’est pas possible, dans ce domaine, d’anticiper tous les scénarios futurs. Le Parlement wallon l’a bien compris puisque, dans sa résolution sur le TTIP, il s’était également opposé à cette mesure.
Lors de son audition, le MOC a également rappelé ses craintes concernant les services d’intérêt général (mutualités,…) qui ne sont pas du tout reconnus par le CETA.


Enfin, il s’agit de rappeler l’importance de la transparence du processus de ces accords commerciaux. Sans les pressions importantes opérées par la société civile européenne, la Commission européenne aurait plus que probablement agi avec encore plus d’opacité. Malgré quelques timides avancées dans le cadre des négociations sur le TTIP, c’est loin d’être suffisant. Le MOC appelle donc à jouer le jeu de la transparence totale et à un vrai débat démocratique sur ces accords et leurs finalités.

Le texte du CETA étant finalisé, le MOC demande à l’ensemble des représentants politiques belges de ne pas signer ni ratifier le CETA ! Le MOC rappelle tout particulièrement aux mandataires wallons que les réserves qu’ils ont formulées à l’encontre du TTIP (pour le règlement des différends entre investisseurs et l’Etat tout comme pour le principe des listes de services publics) valent aussi pour le CETA ! Par souci de cohérence, ils se doivent de faire barrage au CETA. Pour cela, il incombe au gouvernement wallon de refuser de donner une délégation de pouvoir au gouvernement fédéral lorsque le CETA arrivera pour signature au sein du Conseil européen.  


Christian KUNSCH,
Président du MOC.

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L’image d’Aylan Kurdi, cet enfant de trois ans noyé sur les côtes turques est insoutenable. Tout comme celles de ces hommes et de ces femmes fuyant la guerre au péril de leur vie. Tout comme celles de ces familles dormant dans des campements de fortune en plein parc à Bruxelles. 

 


L’arrivée de milliers de réfugiés en Europe et en Belgique constitue une crise sans précédent qui exige une réponse à la hauteur des drames humains qui se vivent à l’heure actuelle. Malgré un élan de solidarité citoyenne bienvenu, nous assistons depuis des semaines à une campagne virulente et indigne qui a pour cible ces réfugiés qui ont pour seul tort de fuir la guerre, les tortures, les viols ou les exécutions. Cette campagne n’a pour but que de stigmatiser l’étranger. Dans le chef de certains responsables politiques, elle n’est motivée que par des visées bassement électoralistes.


Par ses amalgames, Bart De Wever veut ainsi faire croire que les réfugiés auraient accès, sans contribution, aux mêmes droits sociaux que les Belges. Ce qui n’est qu’un mensonge : les droits sociaux auxquels accèdent les réfugiés, une fois qu’ils sont reconnus comme tels, sont des droits résiduels pour lesquels il ne faut pas cotiser. En entretenant cette confusion, il ne cherche qu’à opposer les uns aux autres, mettant à mal la cohésion sociale. De telles déclarations populistes sont à placer au même niveau que celles prononcées par certains dirigeants européens qui refusent d’effectuer leur part d’effort dans l’accueil des réfugiés. Elles participent pleinement à la libération de la parole xénophobe qui est notamment déversée sur les réseaux sociaux.

 Il est également essentiel de rappeler que lorsqu’elle examine les demandes d’asile et octroie sa protection, la Belgique remplit une obligation internationale. Elle applique ainsi la Convention de Genève de 1951 et la réglementation européenne qui définissent les conditions de reconnaissance du statut de réfugié et de la protection subsidiaire. Vouloir créer « un statut spécial pour les réfugiés reconnus », comme le proposent les ministres Jan Jambon, Théo Francken ou même Patrick Dewael contreviendrait au droit international. Pour le MOC, il n’est pas question de remettre en question les conventions internationales dès que surgit une crise, quelle que soit son ampleur.

Plus globalement, sommes-nous à ce point dénués d’humanité  pour rejeter des hommes, des femmes et des enfants qui sont menacés des pires horreurs dans leurs propres pays et qui sont à la merci de passeurs sans scrupule ? Sommes-nous à ce point aveugles que nous ne voyons pas que les pays occidentaux ont une part de responsabilité dans les guerres qui se tiennent aujourd’hui au Moyen Orient et en Afrique du Nord ? Dans un autre ordre idée, avons-nous oublié que de très nombreuses études démontrent l’apport positif de l’immigration dans nos pays ? 

 

Nous vivons aujourd’hui une situation qui teste nos valeurs et le projet européen que nous voulons construire. Le 14 septembre prochain se tiendra un Conseil européen consacré à la crise migratoire. Pour le MOC, il est essentiel que les dirigeants des pays membres arrivent enfin à sortir de leurs logiques nationalistes pour construire une Europe solidaire et accueillante. Le MOC appelle le gouvernement Michel à jouer un rôle majeur dans cet élan, loin des déclarations populistes et électoralistes de certains membres de la majorité. Enfin, au niveau belge, le MOC plaide pour que le gouvernement fédéral mette tout en œuvre  pour accueillir dignement l’ensemble des candidats à l’asile qui viennent frapper à nos portes. 


Pour télécharger le communiqué de presse au format PDF, veuillez cliquer ici.


 

Crédit photo : Freedom House

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Voici le communiqué de presse du Réseau pour la Justice Fiscale dont le MOC fait partie.

La réforme fiscale annoncée depuis des mois, puis reportée n’a finalement pas eu lieu.
A sa place, on trouve essentiellement une diminution des cotisations patronales à la sécurité sociale pour 1.32 milliard € ! Avec l’espoir que les entreprises vont engager du personnel avec cet incitant. Cet espoir est illusoire puisqu’aucune condition n’est associée à ces diminutions de cotisations, et parce qu’il a été prouvé à maintes reprises que les augmentations de bénéfices consécutives aux différentes réductions de cotisations ne se sont pas traduites en investissements nouveaux. Ces moyens supplémentaires ont surtout bénéficié aux actionnaires ou ont permis de financer des restructurations (fusions ou acquisitions) qui aboutissent à des pertes d’emplois.

Quant à la diminution de l’impôt des personnes physiques à hauteur de 1,7 milliard €, rien n’a encore été décidé sur les modalités d’application. On évoque l’augmentation de la quotité exemptée ou de la suppression de la tranche d’imposition de 30%. Si ces pistes sont suivies, tous les contribuables (y compris les hauts revenus) en profiteront puisque nous avons un impôt progressif par tranches.
Au final, ce qui est certain, c’est que le consommateur devra bien payer plus de taxes pour augmenter la trésorerie des entreprises. Voilà le « shift » que nous réserve le gouvernement Michel !
Pour faire plaisir au CD&V, le capital serait-il mis à contribution ? Il faudra bien là aussi déchanter. Le relèvement du précompte mobilier de 25% à 27% devrait rapporter 350 millions € et la taxation des plus-values sur actions cotées, 28 millions € ! L’absence de volonté politique de faire contribuer significativement les revenus du capital est manifeste. Rappelons que le Conseil Supérieur des Finances a estimé à 4 milliards €, le rendement d’une taxation à 25% des revenus du capital qui intégrerait les plus-values ! Et qu’un déplacement réel de la taxation du travail vers la taxation du capital par la globalisation des revenus pourrait remplacer toutes les mesures qui touchent le pouvoir d’achat des contribuables. Pendant ce temps, le précompte mobilier est toujours libératoire (pas de globalisation des revenus à l’I.P.P.), le secret bancaire est bien réel alors que le scandale HSBC a démontré que 3000 contribuables belges avaient caché leur argent en Suisse … les « privilèges » des gens qui ont du « bien » restent, les autres peuvent payer la crise. Et pour compléter le tableau, une quatrième amnistie fiscale est programmée ! Cette incitation à la fraude n’est pas étonnante de la part d’un gouvernement qui choit les rentiers.

Pour le RJF, puisque les travailleurs (et contribuables) paient leurs impôts ; les entreprises doivent également payer leur part pour disposer de services publics accessibles à tous et garantir la cohésion sociale de nos sociétés.

 

Vous pouvez télécharger le communiqué de pression au format PDF et en version imprimable ici.

Où vous rendre sur le site web du RJF : http://www.hetgrotegeld.be/index.php/les_grosses_fortunes/detail/2125

 

 

mocLe Mouvement ouvrier chrétien a pris connaissance des mesures prises par le gouvernement Michel dans le cadre de ce qu’il appelle un « tax shift ».  


Pour le MOC, à la lecture des informations disponibles (et sachant que subsistent encore, pour l’heure, de nombreuses zones d’ombre), il n’est nullement question de parler de « tax shift ». La réforme tant attendue devait en effet avoir pour objectif d’aboutir à un système de contribution fiscale plus équitable et plus redistributif, en faveur de l’emploi et d’un juste financement de la sécurité sociale et des services publics.

Or, à ce stade, nous devons bien constater que les « bricolages » fiscaux imaginés par le gouvernement fédéral ne favorisent en rien la justice contributive. Que du contraire !
L’accroissement de la compétitivité des entreprises reste ici, encore et toujours, l’obsession d’un gouvernement définitivement à la solde du monde patronal. Le social ne semble n’avoir d’autre intérêt que celle d’une variable d’ajustement. 

 

Certes, quelques mesures visant l’une ou l’autre forme de taxation du capital semblent envisagées (augmentation du précompte, mesures contre la spéculation), mais tout en restant superficielles et nébuleuses. Pour le reste et pour l’essentiel, c’est le budget de la sécurité sociale qui est mis à contribution (via une diminution non conditionnée des cotisations sociales patronales), c’est le pouvoir d’achat des travailleurs et des allocataires sociaux qui est encore une fois mis à mal (via l’augmentation des accises et l’augmentation de la TVA sur l’électricité) et c’est, plus globalement, notre modèle d’Etat social qui se voit encore davantage fragilisé.

Avec ce faux « tax shift », qui n’est sur le fond qu’une pathétique opération de communication, le gouvernement Michel rate encore une fois l’occasion de rencontrer l’aspiration de justice et les besoins des travailleurs, des allocataires sociaux et de la majorité des citoyens. 

 

 

Vous pouvez télécharger notre communiqué de presse ici.

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Au cours d’une conférence de presse commune, le Mouvement ouvrier chrétien (MOC), beweging.net et leurs organisations ont exprimé leurs inquiétudes au sujet du dossier tax shift. Ce tax shift a en effet été promis à de nombreuses reprises par le gouvernement Michel, par la voix du Premier ministre en personne, avec des effets à prévoir en 2015 et 2016.


« Le tax shift a été maintes fois promis, l’idée de base est claire, à savoir un glissement de l’imposition des revenus du travail vers les revenus du patrimoine. Par contre, cela fait des mois que nous n’entendons parler que de reports quant à sa mise en oeuvre. Aujourd’hui, nous tirons donc la sonnette d’alarme, parce que ces multiples reports nous font penser que ce tax shift ne verra jamais le jour », a déclaré Christian Kunsch, président du MOC.


« L’écrivain français Victor Hugo disait que “Rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue”. Pour le tax shift, l’heure est arrivée! », a insisté Patrick Develtere, le président de beweging.net. « Le MOC, beweging.net et leurs organisations rappellent aujourd’hui au gouvernement les promesses qu’il a faites à la suite de la large contestation sociale. Nous attendons, la population attend, le pays attend. »

 

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