Communiqués de presse

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La MC/CM, la CSC-ACV, le MOC/Beweging.net s'insurgent contre les discours populistes et mensongers qui tendent à faire croire que l'accueil des migrants met le niveau actuel de la sécurité sociale en péril. Ce ne sont pas les réfugiés qui menacent notre protection sociale mais bien le gouvernement fédéral qui l'ampute de ses recettes, lui impose de lourdes économies et entreprend des réformes qui précarisent les ayant-droits.

 

Récemment, la sécurité sociale s'est invitée dans les débats publics sur les flux migratoires et l'accueil des migrants dans notre pays. Le discours du grand péril est connu : "Ce sont les étrangers - ou plutôt ici les migrants - qui profitent de la sécurité sociale. Ouvrir nos frontières aux migrants, c'est dès lors prendre le risque de mettre ce système de solidarité en péril, ce qui réduira inévitablement notre niveau de vie".

 

La MC/CM, la CSC-ACV, le MOC/Beweging.net dénoncent ces raccourcis démagogiques. Il ne faut pas s'y tromper : ceux qui utilisent de tels arguments et se présentent comme les défenseurs d'un chef d'œuvre en péril sont, en réalité, ceux qui cherchent à affaiblir la solidarité et à détricoter les droits sociaux car ils portent une vision ultra-libérale de la société.

 

MC/CM, CSC-ACV et MOC/Beweging.net tiennent à remettre les pendules à l'heure :

 

-        La sécurité sociale appartient avant tout aux personnes qui y contribuent. Pas aux hommes et femmes politiques cherchant à l'instrumentaliser. Notre système d'assurances sociales est financé de manière prépondérante par les cotisations sociales des employeurs et des travailleurs et ensuite par des taxes et autres recettes fiscales de l'État fédéral.

 

-        L'immigration ne coûte pas, elle rapporte. Contrairement aux idées reçues, les migrants n'ont pas droit à la sécurité sociale belge tant qu'ils n'y cotisent pas. L'accès à des soins de santé urgents et à une aide matérielle est strictement réglementé et justifié d'un point de vue éthique et humain. Sur le plan budgétaire, les sommes en jeu sont dérisoires au regard des 80 milliards d'euros que brasse chaque année la sécurité sociale. Par exemple, moins de 50 millions d'euros sont consacrés par l'État fédéral à l'aide médicale urgente. Par contre, il est prouvé que les personnes issues de l'immigration "rapportent" en fait plus qu'elles ne coûtent. Une étude comparative de l'OCDE souligne qu'en Belgique, l'effet fiscal et budgétaire des immigrés avoisinerait en moyenne 3.500 euros par an et par individu, ce qui représenterait près de 1 % du PIB.

 

-        La vraie menace qui pèse sur la sécurité sociale vient de l'intérieur et non de l'extérieur. Ce sont les mesures prises par le gouvernement fédéral qui la fragilisent et mettent à mal les droits sociaux. Ainsi, la réduction substantielle des cotisations patronales décidée dans le cadre du tax-shift a amputé gravement les recettes de la sécurité sociale. Cela a entraîné des mesures d'économies dans les dépenses, en particulier dans le secteur des soins de santé/indemnités, dans l'assurance chômage et dans les pensions. De plus, le financement du tax-shift n’est pas couvert pour au moins 4,8 milliards d'euros. Le risque est donc immense que cette facture soit présentée plus tard aux mêmes travailleurs et assurés sociaux.

 

-        Les flux migratoires ne sont pas prêts de se tarir. Les conflits armés, les persécutions, les disparités économiques, les catastrophes climatiques… ont, de tous temps, obligé des populations à s'exiler.

 

La MC/CM, la CSC-ACV et le MOC/Beweging.net plaident pour que le gouvernement belge donne de vraies réponses à long terme aux enjeux de la sécurité sociale et à l’enjeu migratoire. C'est la solidarité et non le repli sur soi qui doit présider à ces choix politiques.

 

mocAu lendemain de l’impressionnante «chaine humaine» citoyenne rassemblée autour du parc Maximilien pour protéger les migrants des rafles policières, le MOC tient à faire part de ses plus vives inquiétudes quant à la volonté du gouvernement fédéral de modifier la loi sur « l’accès au territoire, le séjour, l’établissement et l’éloignement des étrangers afin de garantir l’exécution des mesures d’éloignement ».


La principale mesure de ce projet de loi concerne l’insertion d’un article sur l’autorisation des visites domiciliaires. L’arrestation d’un étranger en séjour irrégulier sera ainsi permise lorsque celui-ci séjourne dans une habitation privée et qu’il refuse d’ouvrir la porte aux services de police. Y compris si la personne est hébergée chez des citoyens ! Toujours selon ce projet de loi, la police aura le droit de fouiller le domicile de la personne ou du tiers qui l’héberge, notamment pour permettre aux services de police de rechercher les documents d’identité afin de faciliter l’identification de l’étranger, en vue de son rapatriement dans son pays d’origine.


Si ce projet de loi devait passer, c’est un pas supplémentaire qui serait franchi dans la criminalisation des migrants et des sans-papiers. Ce serait aussi une atteinte portée à l’incroyable élan de solidarité que des milliers de citoyens ont mis en place depuis des mois en hébergeant des personnes dans le besoin le plus complet, suite à l’inaction des  pouvoirs publics. Car si ces hébergeurs ne risquent rien sur le plan judiciaire, l’intrusion et la fouille de la police, via ces perquisitions, constitueraient un acte d’une rare violence, notamment sur le plan de l’inviolabilité du domicile. Est-il nécessaire de rappeler qu’en Belgique, la solidarité n’est pas un délit ?


De plus, en acceptant de voter pareille loi, tous les partis de la majorité gouvernementale se rendent complices d’une politique extrêmement répressive qui ne fait qu’évacuer la question de l’accueil, sans la régler aucunement. Cette mesure est d’ailleurs aussi inhumaine qu’inefficace puisqu’il est avéré qu’au moment des contrôles à domicile, le nombre d’étrangers qui ne coopère pas est infime.

Pareil projet de loi sert donc, d’un côté, à alimenter un discours électoraliste et populiste qui reporte la faute sur l’étranger et, de l’autre côté, à faire peur aux citoyens. Les partisans de ce projet de loi ne font ainsi que cultiver la division et alimenter le racisme.


Le MOC en appelle donc une nouvelle fois à l’humanité et à la responsabilité des membres de la majorité gouvernementale pour faire marche arrière dans le cadre de ce projet de loi. Et à travailler à une politique d’accueil « plus humaine et moins ferme ». Une première étape, pour le gouvernement, serait d’inviter les associations, les acteurs de terrain et les citoyens qui, tous les jours, œuvrent à des solutions concrètes dans l’accueil des migrants.


Christian KUNSCH,
Président du MOC

moc« Si demain, on ne peut plus renvoyer quelqu'un dans un pays où la situation est pire qu'ici et où, potentiellement, on pourrait être maltraité, on ne pourra plus renvoyer personne et, de facto, on ouvrira les frontières ». Cette phrase, prononcée dimanche sur VTM par le président de la N-VA, Bart De Wever, est la dernière provocation en date de la majorité gouvernementale dans le dossier asile et migration, et en particulier dans celui qui concerne les ressortissants soudanais présents sur le territoire belge.

 

En tenant de tels propos, Bart de Wever légitime totalement la politique inhumaine et indigne d’un État de droit menée par le secrétaire d’État Theo Francken (N-VA). Surtout, il foule aux pieds le droit international avec un aplomb et un cynisme jamais vus. Pour rappel, la Belgique est en effet tenue de respecter l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme, imposant de ne pas renvoyer quiconque vers un pays où il court le risque de traitements inhumains et dégradants.

 

De plus, Bart De Wever prend encore une fois en otage l’action gouvernementale du Premier ministre Charles Michel. En effet, par ses propos, il démontre que, quoiqu’il advienne, son parti ne tiendra pas compte de l’enquête chargée de déterminer si les Soudanais renvoyés dans leur pays ont bien été maltraités ou torturés et, partant, si Theo Francken a commis une faute.

 

Depuis le début de la législature, le MOC n’a cessé de condamner la politique d’asile et de migration de Theo Francken et les silences complices du gouvernement fédéral. Cette fois, la coupe est pleine. À eux seuls, les mensonges de Theo Francken au Parlement devaient entraîner sa démission du gouvernement. Mais, malgré quelques voix dissonantes au sein de la majorité, le secrétaire d’État reste en place parce que sa politique est soutenue par l’ensemble du gouvernement.

 

Il s’agit maintenant d’interpeller Charles Michel de la manière la plus forte possible : Monsieur le Premier ministre, combien de temps encore supporterez-vous d’être mené en bateau par un secrétaire d’État, et son président de parti, qui ne comptent en aucune manière respecter le droit international ? Souhaitez-vous vraiment que l’Histoire retienne de vous que vous avez dirigé un gouvernement qui a sciemment renvoyé chez eux des êtres humains en proie à la torture ou à la maltraitance ?

 

Monsieur le Premier ministre, le MOC en appelle à votre humanité et à votre sens des responsabilités : le gouvernement fédéral doit repenser fondamentalement sa politique d’asile et de migration, dans le respect du droit. Theo Francken doit s’y soumettre ou démissionner de ses fonctions. La démocratie est à ce prix.

 


Christian KUNSCH,
Président du MOC

mocC'est avec tristesse que le Mouvement ouvrier chrétien a appris le décès du ministre d’État Philippe Maystadt. Le MOC tient à saluer la mémoire d’un homme politique d’une rare humanité. Son intelligence, sa pédagogie, sa clairvoyance et sa disponibilité en faisaient un personnage unanimement apprécié dans le paysage politique et associatif.

 

Européen convaincu, ses talents étaient autant reconnus en Belgique qu’au-delà de nos frontières où il distillait son expertise avec brio.

 

Avec sa disparition, le camp des progressistes perd un de ses plus fidèles penseurs.

 

Le MOC présente toutes ses condoléances à sa famille et ses proches.

 

Christian KUNSCH,
Président du MOC

mocCe dimanche 15 octobre, une nouvelle intervention policière a eu lieu aux alentours du parc Maximilien, à Bruxelles. Les forces de l’ordre y ont arrêté de nombreux migrants présents au moment même où ceux-ci attendaient, aux côtés de bénévoles, la venue de tous ces citoyens qui se proposent, depuis quelques semaines, de les héberger à domicile.

 

N’ayons pas peur des mots : il s’agit d’une véritable rafle, qu’il s’agit de condamner avec la plus vive fermeté. Ce n’est malheureusement pas la première. Cette fois, elle s’est donc déroulée sous le regard atterré de citoyens qui posent un acte solidaire pour pallier à la défaillance de la politique d’accueil de notre pays.
En tentant de casser cet élan de solidarité, une couche d’ignominie supplémentaire s’ajoute à la politique soi-disant « humaine mais ferme » du gouvernement fédéral qui frappe de plein fouet les personnes migrantes présentes sur notre territoire.

 

Le MOC tient en outre à rappeler qu’en enfermant les personnes migrantes (dont de nombreux ressortissants soudanais) dans le but de les expulser, l’État belge se met en marge du droit. Ces derniers jours, plusieurs tribunaux belges, francophones comme néerlandophones, ont en effet ordonné la libération ou suspendu l’expulsion de Soudanais. Ces tribunaux ont jugé que l’État belge ne pouvait pas expulser de migrants vers le Soudan sans s’assurer qu’ils ne risquaient pas d’y être soumis à un risque de torture ou de traitements inhumains contraires à l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’Homme. Le MOC demande donc l’arrêt immédiat des rafles de migrants.

 

À défaut de la politique d’accueil humaine et solidaire que nous revendiquons depuis bien trop longtemps, le MOC exige, a minima, que le secrétaire d’État à l’Asile et la Migration Théo Francken respecte le droit.
Il s’agit aussi de pointer du doigt la responsabilité de la Région de Bruxelles-Capitale dans ses atermoiements quant à l’ouverture d’un centre d’accueil pour migrants.
Enfin, le MOC interpelle le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, notamment en sa qualité de chef de la police : comment est-il possible d’envisager l’action policière avec si peu d’humanité ? Comment oser s’aligner sur la politique inhumaine du gouvernement fédéral ? Comment assumer de vouloir rompre le lien de solidarité que tente de créer des citoyens et des bénévoles envers des personnes migrantes dans le besoin ?

 

Christian KUNSCH,
Président du MOC

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